Lettre à celle qui se sentait de trop, ou pas assez
À toi,
la jeune femme qui a souvent cru qu’elle ne rentrait pas dans les cases,
qu’il manquait toujours un morceau pour être complète,
ou qu’il y en avait trop pour être aimée.
À toi qui t’es regardée dans le miroir en te demandant
si un jour tu serais "comme il faut".
Moins bruyante,
plus fine,
moins émotive,
plus calme,
plus jolie,
moins toi.
Je sais combien tu as essayé.
De t’ajuster.
De t’adapter.
De te contenir.
Tu t’es pliée aux attentes, aux jugements,
aux regards qui ne te voyaient jamais vraiment.
Tu t’es demandée si tu avais le droit d’exister comme tu es.
Et chaque fois qu’on ne te choisissait pas,
chaque fois qu’on s’éloignait,
tu en faisais une preuve contre toi.
Tu te disais que c’était ta faute.
Que tu étais trop.
Ou pas assez.
Jamais juste.
Jamais exactement ce qu’il fallait.
Mais laisse-moi te dire une chose :
tu n’as jamais été "trop".
Tu as juste été entière,
dans un monde qui ne sait pas toujours quoi faire des femmes entières.
Tu n’as jamais été "pas assez".
Tu as été vraie.
Et parfois, ça dérange ceux qui vivent à moitié.
Ce n’est pas toi qu’il fallait changer.
C’étaient les environnements, les liens, les regards.
Ce n’est pas ton intensité qui faisait peur.
C’était leur incapacité à la rencontrer.
Aujourd’hui je te regarde et je te prends dans mes bras.
Je te dis : pardon de ne pas t’avoir défendue plus tôt.
Pardon de t’avoir cru cassée.
Pardon d’avoir cherché ailleurs ce qui était déjà en toi.
Tu n’es ni trop, ni pas assez.
Tu es exactement ce que tu devais être.
Et chaque jour, je m’efforce de te réhabiliter.
De te laisser exister,
dans toute ta beauté.
Dans toute ta vérité.
Cindy Pinchart - Essence Féminine
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