Je me suis souvenue d'un échange sur des questions "existentielles" avec mon Lou.
Je m'inquiétais alors de ce que je devenais . . . Cet impression de ne plus rien éprouver ou ressentir . . . D'être vide de tout sentiment ! ! !
Il m'avait alors dit : " C'est par protection . . . Pas de sentiment, pas de souffrance. Tu as tellement été maltraitée qu'inconsciemment tu ne prends aucun risque, et une fois suffit, pour que tu freines et enclenches la marche arrière. Donc tu as des sentiments mais tu les refoules"
J'ai réfléchi à tout ça.
J'ai repensé au décès de Philippe. Par pitié , je l'ai accompagné jusqu'au bout. Et lorsqu'on m'a téléphoné dans la nuit pour m'annoncer son décès, je n'ai rien ressenti. Tout au plus, une inquiétude pour son fils.
Pour mon père, pareil. Mon petit frère m'annonce la nouvelle par téléphone . . . Je lui réponds : ok. Ai-je éprouvé de la tristesse ? Non. Juste un peu de compassion pour ceux qui allaient être touchés.
Selon moi, je n'ai rien refoulé dans ce contexte, il n'y avait juste plus aucun sentiment. Comme un feu de cheminée . . . Si on ne l'alimente pas , il finit par s'éteindre . . . Si on entretient pas une relation, elle meurt, et les sentiments s'évaporent.
Et c'est exactement, ce que j'expliquais à propos des 4 enfants de ma fille . . . Ils ne peuvent pas me manquer, je ne les connais pas, je n'ai tissé aucun lien, je n'ai donc aucun sentiment, le lien de sang ne fait pas tout. Auquel cas, on aurait des sentiments pour des inconnus croisés dans la rue.
Le point, à propos duquel mon Lou a raison, c'est au niveau marche arrière.
Avant, je m'entêtais à tout faire pour entretenir ou sauver une relation amicale, famíliale, amoureuse. Mais, j'ai fini par comprendre que lorsque les efforts et les compromis sont à sens unique, tu es le seul aussi a vouloir cette relation. Tu obliges l'autre.
Ayant compris cela, aujourd'hui, je ne m'embarrasse plus,
- c'est . . . Tant mieux ! ! ! ça n'est plus . . . Tant pis ! ! !
- tu veux . . . Tant mieux ! ! ! Tu ne veux pas . . . tant pis,
Je continue ma route . . . je ne vais pas m'arrêter et attendre, je ne vais pas demander a nouveau, je ne vais pas supplier, je ne vais pas prioriser le désir de l'autre, je l'ai assez fait, NON, je trace, sans animosité, sans rancœur, juste fataliste.
" Il y a quelques chose qui ne te va pas, tu ne le dis pas mais je constate . . . Tu fais selon tes envies en niant les miennes . . . Pas grave, je n'insiste pas, ne redemande pas, je ferai sans toi à l'avenir "
Sam


