lundi 14 avril 2025

Une année est passée

 Une année est passée sans que je ne vienne publier un seul article. J'ai plusieurs brouillons, en attente, c'est sur ! ! !  mais voilà, trop de choses à dire . . .  beaucoup trop d'ailleurs.

Philippe s'est éteint le 9 mai.  Un coup de fil m'a appris qu'il était hospitalisé  depuis la veille (Dimanche) et qu'il ne voulait voir personne. J'y suis allée, en sortant du boulot, et  après la demande faite par l'infirmière, il a accepté ma visite. Il a trouvé moyen, malgré son état, de chahuter tout en me tenant la main, tout en me disant qu'il m'aimait.

J'ai su par l'infirmière qu'il vivait ses derniers instants, et qu'ils l'assistaient avec de  la morphine.

Je l'ai accompagné  jusqu'au bout, même si le lundi après mon départ ( dixit l'infirmière) il a cessé toute communication.  Mardi, mercredi . . . C'était d'une tristesse de le voir, là . . .  seul . . . sans sa famille . . .  A bout de souffle, au  bout du chemin, terriblement amaigri, les yeux larmoyants . . . 

Il m'a demandé de ne pas informer ses frères et sa soeur, et il ne voulait voir personne ( c'était même indiqué sur la porte de sa chambre) 

Une page qui s'est tournée.

Sam

lundi 7 avril 2025

 Lettre à celle qui se sentait de trop, ou pas assez


À toi,

la jeune femme qui a souvent cru qu’elle ne rentrait pas dans les cases,

qu’il manquait toujours un morceau pour être complète,

ou qu’il y en avait trop pour être aimée.


À toi qui t’es regardée dans le miroir en te demandant

si un jour tu serais "comme il faut".

Moins bruyante,

plus fine,

moins émotive,

plus calme,

plus jolie,

moins toi.


Je sais combien tu as essayé.

De t’ajuster.

De t’adapter.

De te contenir.

Tu t’es pliée aux attentes, aux jugements,

aux regards qui ne te voyaient jamais vraiment.

Tu t’es demandée si tu avais le droit d’exister comme tu es.


Et chaque fois qu’on ne te choisissait pas,

chaque fois qu’on s’éloignait,

tu en faisais une preuve contre toi.

Tu te disais que c’était ta faute.

Que tu étais trop.

Ou pas assez.

Jamais juste.

Jamais exactement ce qu’il fallait.


Mais laisse-moi te dire une chose :

tu n’as jamais été "trop".

Tu as juste été entière,

dans un monde qui ne sait pas toujours quoi faire des femmes entières.


Tu n’as jamais été "pas assez".

Tu as été vraie.

Et parfois, ça dérange ceux qui vivent à moitié.


Ce n’est pas toi qu’il fallait changer.

C’étaient les environnements, les liens, les regards.

Ce n’est pas ton intensité qui faisait peur.

C’était leur incapacité à la rencontrer.


Aujourd’hui je te regarde et je te prends dans mes bras.

Je te dis : pardon de ne pas t’avoir défendue plus tôt.

Pardon de t’avoir cru cassée.

Pardon d’avoir cherché ailleurs ce qui était déjà en toi.


Tu n’es ni trop, ni pas assez.

Tu es exactement ce que tu devais être.

Et chaque jour, je m’efforce de te réhabiliter.

De te laisser exister,

dans toute ta beauté.

Dans toute ta vérité.


Cindy Pinchart - Essence Féminine

« Lettre à celle qui se sentait de trop, ou pas assez »